• Pourquoi Sony, Warner et Universal Music entrent au capital de Shazam

    Découvrir le titre d'une chanson, le nom de l'artiste incite-t-il le mélomane à l'achat ? C'est sans doute le calcul des géants de la musique qui ont décidé d'investir dans Shazam. Le numéro un mondial du disque Universal Music (groupe Vivendi), le numéro deux Sony Music et le propriétaire du numéro trois Warner Music, Access Industries, vont prendre une participation au capital de la startup britannique, connue pour son application de reconnaissance musicale à partir d'un extrait : ils déboursent chacun 3 millions de dollars, reprenant les parts d'un autre investisseur - il ne s'agit pas d'un nouveau tour de table selon le Wall Street Journal qui a révélé l'information. Shazam, qui revendique plus de 450 millions d'utilisateurs dont 90 millions d'actifs par mois et une base de données incluant plus de 35 millions de chansons, avait levé 40 millions de dollars l'été dernier auprès d'America Movil, l'opérateur du milliardaire mexicain Carlos Slim

    Miser sur le partage social et le big data sur les goûts musicaux

    Les maisons de disque multiplient les investissements dans les startups de la musique numérique depuis quelques mois. Les trois majors sont actionnaires du site de streaming suédois Spotify, Access Industries, la holding du milliardaire russo-américain Len Blavatnik, a investi 100 millions d'euros dans le français Deezer, dont Vivendi possède aussi des parts. Le groupe français détient également 14% du fabricant de casques Beats qui a lancé son service de streaming et serait en passe d'être racheté par Apple pour quelque 3,2 milliards de dollars. Deezer et Spotify sont d'ailleurs partenaires de Shazam mais ils lui font aussi de la concurrence en matière de découverte musicale.

    Shazam avait annoncé en février un partenariat stratégique avec Warner Music, visant à tirer parti des masses de données collectées par l'appli et de la communauté de fans de l'appli dans le marketing des artistes. Les maisons de disque misent beaucoup sur le partage social et le big data sur les goûts musicaux pour se réinventer à l'ère numérique. Shazam affirmait l'an dernier que son application avait généré plus de 300 millions de dollars d'achats de biens numériques au cours des douze derniers mois, principalement via le service iTunes d'Apple et Amazon. Plus de 10.000 chansons sont « taggées » (identifiées) dans son application chaque minute dans le monde ! 

    Le futur « Google du son »

    Pour autant, la monétisation prend du temps. La société londonienne, qui a lancé sa première application il y a six ans, en 2008, se rémunère en commissions sur les ventes de titres et son modèle économique est « freemium » : son application est gratuite mais existe en version payante (« Encore ») sans bannière publicitaire, à 5,99 euros. Selon les derniers comptes publiés, Shazam a réalisé 31 millions de livres (38 millions d'euros) de chiffre d'affaires annuel à fin juin 2013, en hausse de 42%, et une perte de 1,5 million d'euros. Shazam a aussi étendu son champ de reconnaissance audio aux publicités, aux extraits de programmes télévisés et se rêve en futur « Google du son. » La société dirigée par un ancien de Yahoo, Rich Riley, avait évoqué l'an dernier un projet d'introduction en Bourse aux Etats-Unis, d'un montant estimé à plus d'un milliard de dollars. De son côté, Spotify pourrait lancer son introduction à l'automne : le site serait valorisé 4 milliards de dollars mais son chiffre d'affaires approcherait les 600 millions de dollars, vingt fois celui de Shazam...

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